Je me réveille toujours lovée contre Lucy, mais cette fois c'est moi qui la tient dans mes bras. Je la regarde et la trouve trop chou, j'ai l'impression qu'elle est toute fragile, je ne veux jamais plus ôter mes bras d'autour son corps. A grand regret je dois la réveiller, j'aurais bien voulu continuer à la regarder dormir, à la sentir contre moi tout en sentant son odeur. Mais si je la laisse dormir nous n'arriverons jamais à l'heure. Je dépose un léger baiser dans son cou et la caresse en espérant la réveiller, mais Lucy est une marmotte! Je décide d'employer les grands moyens. Je la chatouille!
Et là miracle elle se réveille, mais j'ai réussi à la mettre de mauvais poile.
- Tu ne pouvais pas être plus romantique, hein?
- Mais,...
- Mais quoi franchement me réveiller en me chatouillant c'est pas très intelligent...
- Je t'ai tout d'abord embrassée dans le cou et je t'ai caresser le visage et les lèvres pour que tu te réveilles mais tu ne l'as pas fait, alors après je t'ai chatouillée, c'est tout je voulais juste rigoler un peu. Excuse-moi.
C'est fou lorsqu'on aime on change énormément, d'habitude on m'aurait dis ça j'aurais tout de suite pété un plomb et là je suis calme, je la comprend, comme elle lorsque je me suis énervée sur elle le matin d'après la tentative de viol... Lucy me répond:
- Non c'est moi qui suis désolée, jamais je n'aurais dûe te parler sur ce ton pour un truc si stupide.
- C'est pas grave, viens là.
Elle se rapprocha de moi, je prends sa tête entre mes mains et l'embrasse.
- Tu vois je change. T'as vu comme je suis restée calme et t'ai écouté malgré que tu n'avais pas tout à fait raison...
- Oui j'ai remarqué, dès que j'ai prononcé ces paroles j'ai cru que j'avais enclenché la machine, me dit-elle en souriant légèrement
- Bin tu vois tu as très bonne influence sur moi, et moi une plutôt mauvais. Il me semblait pas que tu pouvais t'énerver aussi facilement...
- Moi non plus je ne savais pas...
- Bon voila au moins un truc qu'on ne savait pas toute les deux, dis-je avec un grand sourire pour détendre la situation.
Nous déjeunons je m'habille. Surprise! J'avais oublié que je devais mettre un uniforme. C'est tellement stupide je trouve. Je ne vois pas l'utilité d'un uniforme. Le mien est composé d'un polo rouge avec un pantalon bleu marin ou beige (heureusement que je ne doit pas mettre de jupe sinon je serais morte). Sinon j'ai le droit à la chemise blanche... Lorsque j'étais en Suisse j'ai toujours été à l'école publique, je n'ai donc jamais mis d'uniforme. En fait en Suisse tous le monde va dans les écoles publique et ceux qui ne réussissent pas vont dans les écoles privées... N'empêche que là je me retrouve en uniforme... Lucy en profite pour se moquer de moi.
- Quoi?
- Ce que t'es sexy comme ça!
- Attends j'y irais skater comme ça après...
- Mais bien sûre. Sérieusement, prends des rechanges parce qu'on repassera pas chez toi après. C'est pus court par chez moi.
- D'accord. Et toi tu dois aussi mettre un espèce d'uniforme? Comme c'est bizarre les Etats-Unies, tu vois chez moi tu viens habillé comme tu veux!
- C'est le pied ça, je rêve de pouvoir venir habillée normalement ...
- Pi pour le skate, je vais devoir faire comment?
- Si malgré que ça soit français c'est plus ou moins normale, te devrais avoir un casier...
- Putain je la sens trop mal cette rentré. Je me demande comment les gens vont accepté une miss qui se ramène en skate. Mais bon c'est moi, je ne peux pas changer pour les autres.
Elle me serre dans ses bras par derrière, pose sa tête sur mon épaule et met ses main autour de ma taille et me dit:
- De toute façon ce n'est que pour la journée. Et puis je viendrais te sauver à la fin des cours. Je suis sûre que tu t'en sortira très bien, si jamais tu t'ennuies envois moi des sms je laisserais mon natel allumé. Oublie pas de me dire à quelle heure tu finis.
- Heureusement que t'es là pour me remonter le morale. Je n'aurais jamais si quoi faire sinon.
- Tu sais que je serais toujours là pour toi, hein, tu le sais ça?
- Oui, et je l'ai toujours su.
Elle m'embrasse et nous partons. Nous passons vite fait chez Lucy, elle met son uniforme, qui change très légèrement, son polo à la place d'être rouge il est bleu. Puis nous repartons direction nos lycée respectifs.
- Je ne sais pas comment je vais passer une journée sans te faire chier ni t'embrasser, dit-je en souriant.
- Ce chemin est vraiment pratique, me dit-elle, il n'y a jamais personne qui y passe...
- Et ça viens faire quoi dans ce que je viens de dire?
- C'est juste qu'on est toute seule le matin, qu'il y a personne pour nous embêter, et qu'au pause dès qu'on a plus de dix minutes on peux venir ici, comme ça tu pourras me faire chier autant que tu veux...
- Et t'embrasser aussi.
- Tout juste.
- J'ai une copine intelligente dis donc!
- Eh oui... Moi au moins je sais réfléchir.
- Parce que moi pas?
- Non alors pas du tout.
Je lui donne un coup, pendant que nous sommes en train de rouler, mais elle m'attrape le bras et me tire vers elle. Et voila que de nouveau on s'embrasse. C'est drôle j'aurai cru q'après notre premier baiser nous nous serions éloigné le temps de penser, de voire si on s'aime réellement, mais dans notre cas la question ne se pose même pas, on s'aime et chacune de nous le sais. Nous continuons à nous embrasser, rigoler. Nous ne voyons pas le temps passer. Je regarde ma montre et vois que nous devions commencer à 8 heure et quart et que c'est déjà huit heure vingt! Quelle merde la premier jours je suis déjà en retard. Lucy me dit:
- Aller, on se grouille je te montre où est ton bahut et après j'y vais, n'oublie pas de m'envoyer un sms pour la première pause où l'on peux se voire ok?
Arrivée devant mon école Lucy dépose un bisou sur mes lèvres lequelle à la vue des autre n'est que sur la joue, et elle y va. Je rentre par la porte en face de moi. Merde j'ai oublié le papier qui me disait où je devais aller! Je décide de trouver le secrétariat pour leur demander où je dois aller. J'aurais au moins dû lire cette foutue lettre, mais j'ai la fâcheuse habitude de tout laisser à après. Je dois absolument m'organiser, mais le problème c'est que moi et l'organisation ça fait deux. Enfin arrivé devant le secrétariat j'en oublie que je ne suis pas en Suisse et que je dois parle en anglais.
- Excusez-moi mais je suis en retard et j'ai oublié la feuille qui disait où je dois aller. Vous pourriez me le dire?
Elle me répond en anglais.
- Pardon? Je suis désolé mais je ne parle pas français
- Merde, dis-je tout doucement. Et je répète ma question en anglais.
- Tu dois aller à l'aula.
Merci mais elle est où cette fichue aula? Et comment je vais la trouver.
- Merde, putain quelle idée de déménager. Ça fait trop chier.
- Hmm hmm, pas de gros mots ici mademoiselle!
Et il a fallu que je tombe sur la prof francophone qui connaît même les injures.
- Désolé, mais je suis en retard, et je sais même pas ou est cette fichue aula!
- Ta fichue aula comme tu dis, est au bout du troisième couloir à gauche, mais je viens avec toi ne t'inquiètes pas.
- Merci.
- Alors tu viens de France? Parce que tu parles vraiment bien le français sans aucun accent.
- Non je suis Suisse.
- Ah de Suisse, dit-elle. Bon nous y sommes, assieds-toi ici, à côté de moi.
Quoi? Moi, m'assoire à côté d'un prof? C'est pas parce que j'aime étudier que je suis une lèche cul, jamais de la vie! Je n'ai même pas l'habitude de parler au prof à part si cela concerne le cours... Alors m'asseoir à côté d'une prof, c'est de la torture. Moi qui voulais profiter de la première heure pour envoyer un message à Lucy, et bien c'est loupé. Ici les profs sont beaucoup plus proches. La prof m'a tutoyé cela fait bizarre, parce qu'en Suisse dès que tu passe au gymnase on te vouvoie, c'est-à-dire dès que t'entres en première. C'est vrai c'est bizarre au début mais on s'habitue, et là de nouveau on va me tutoyer. Dans la vie tous est question d'adaptation. Et je dois de nouveau mettre ça en pratique.
Je n'ai même pas écouté ce que disais les profs. Ils ont parlé en français et en anglais, mais je n'ai écouté que d'une oreille. Cela fait que le peu que j'ai écouté je ne l'ai même pas compris lorsqu'il étais en anglais. Je n'avais pas envie de me concentrer.
Je suis toujours avec mon skate, je l'ai posé contre la table, nous sommes en classe. Je me suis assise à l'avant-dernier rang, il n'y en a que quatre. Le meilleur. On peux travailler sans être catalogué d'intello par les élèves, ni de cancre par les profs. Je me suis mise contre la vitre, comme ça lorsque je m'ennuie je peux regarder le paysage. Tous les gens se connaissent en classe. Je sens le regard de tous le monde sur moi. Ils parlent tous en anglais, apparemment leur première langue est quand même l'anglais. Je les entends parler de moi, mais je n'ai pas l'envie d'écouter toutes les conneries qu'on peux dire sur une personne. Je commence à penser à une personne qui a pris une très grande place dans ma vie, Lucy. Tout d'abord je m'étais étonnée de la vitesse à laquelle on s'était liée d'amitié et maintenant je me rends compte que c'est plus de ça. Elle compte énormément pour moi, plus qu'une amie. Je comprends que je l'aime. Je l'avais déjà compris mais sans me l'avouer comme ça. Une femme est en train de parler, je n'ai même pas vu qui. Elle parle pendant un moment, puis s'arrête et plus rien. Plus personne ne parle. Je suis toujours en train de regarder par la fenêtre quand je sens un petit coup sur l'épaule. Apparemment c'est à moi de parler. Qu'est-ce que je suis censée dire?Je vois que la prof qui nous parlais est la même que celle à côté de qui je me suis assise. Elle vois mon regard interrogatif et me dit de me présenter.
- En français ou en anglais, dis-je en anglais.
- Comme tu veux.
- Bon je m'appelle Téa. Je viens de Suisse et ma langue maternelle est le français. Je vous parle en français parce que mon anglais n'est pas très bon et encore moins mon accent. Hmm, j'ai bientôt dix sept ans et hmm, c'est tout je pense.
- Parle-nous un peu de se que t'aimes faire.
- Ok, je skate beaucoup, j'aime lire et écouter de la musique. Voila.
- Merci pour cette très courte présentation.
Mais qu'est-ce qu'elle voulait que dise, tout ma vie? Je ne suis pas du genre à tout dire sur moi, et encore moi a des étrangers. La prof reprends en français:
- Téa a bien fait de parler en français cela me permet de faire le cours de géographie.
Quoi on commence directe à bosser? Je n'ai pas envie, de plus j'ai tellement de peine à écouter, je ne suis pas du tout dedans. Elle commence à demander dans quelle pays le français est-il parlé. La France répondent certains, le Canada. Et plus rien après. Et bien dit donc, c'est donc les deux seule pays où on parle français et moi je parle quelle langue, chinois peut-être? La prof dit:
- Vous n'avez pas écouté ce qu'a dit Téa, elle a dit qu'elle étais suisse. Vous savez où c'est?
- C'est pas un pays du nord de l'Europe ça? dis un élève en anglais.
Et voila la faute habituelle, les anglophones confondent tout le temps la Suède et la Suisse. Mais bon c'est comme ça, un petit pays, avec trois langues nationales si ce n'est quatre je comprends qu'on ne sache pas qu'on y parle le français mais confondre la Suisse et la Suède, je trouve ça gros quand même.
- Non pas, du tout c'est un pays limitrophe de la France, tout comme la Belgique où on parle français là-bas aussi, dis la prof.
Heureusement qu'elle le sais. Mais y a aussi tous les Dom-Tom, qu'elle a oublié.
Puis le cours continue, dans le même sujet, jusqu'à la pause, on a quinze minutes. J'ai oublié de dire à Lucy quand je finissais. Je décide donc de l'appeler. On a rendez-vous dans la même rue qu'avant. Je prends mon skate et file.
© Copyright skateauxusa. Tout droit réservé. La distribution quelque soit sa forme est prohibée si elle n'est consentie par skateauxusa.
Et là miracle elle se réveille, mais j'ai réussi à la mettre de mauvais poile.
- Tu ne pouvais pas être plus romantique, hein?
- Mais,...
- Mais quoi franchement me réveiller en me chatouillant c'est pas très intelligent...
- Je t'ai tout d'abord embrassée dans le cou et je t'ai caresser le visage et les lèvres pour que tu te réveilles mais tu ne l'as pas fait, alors après je t'ai chatouillée, c'est tout je voulais juste rigoler un peu. Excuse-moi.
C'est fou lorsqu'on aime on change énormément, d'habitude on m'aurait dis ça j'aurais tout de suite pété un plomb et là je suis calme, je la comprend, comme elle lorsque je me suis énervée sur elle le matin d'après la tentative de viol... Lucy me répond:
- Non c'est moi qui suis désolée, jamais je n'aurais dûe te parler sur ce ton pour un truc si stupide.
- C'est pas grave, viens là.
Elle se rapprocha de moi, je prends sa tête entre mes mains et l'embrasse.
- Tu vois je change. T'as vu comme je suis restée calme et t'ai écouté malgré que tu n'avais pas tout à fait raison...
- Oui j'ai remarqué, dès que j'ai prononcé ces paroles j'ai cru que j'avais enclenché la machine, me dit-elle en souriant légèrement
- Bin tu vois tu as très bonne influence sur moi, et moi une plutôt mauvais. Il me semblait pas que tu pouvais t'énerver aussi facilement...
- Moi non plus je ne savais pas...
- Bon voila au moins un truc qu'on ne savait pas toute les deux, dis-je avec un grand sourire pour détendre la situation.
Nous déjeunons je m'habille. Surprise! J'avais oublié que je devais mettre un uniforme. C'est tellement stupide je trouve. Je ne vois pas l'utilité d'un uniforme. Le mien est composé d'un polo rouge avec un pantalon bleu marin ou beige (heureusement que je ne doit pas mettre de jupe sinon je serais morte). Sinon j'ai le droit à la chemise blanche... Lorsque j'étais en Suisse j'ai toujours été à l'école publique, je n'ai donc jamais mis d'uniforme. En fait en Suisse tous le monde va dans les écoles publique et ceux qui ne réussissent pas vont dans les écoles privées... N'empêche que là je me retrouve en uniforme... Lucy en profite pour se moquer de moi.
- Quoi?
- Ce que t'es sexy comme ça!
- Attends j'y irais skater comme ça après...
- Mais bien sûre. Sérieusement, prends des rechanges parce qu'on repassera pas chez toi après. C'est pus court par chez moi.
- D'accord. Et toi tu dois aussi mettre un espèce d'uniforme? Comme c'est bizarre les Etats-Unies, tu vois chez moi tu viens habillé comme tu veux!
- C'est le pied ça, je rêve de pouvoir venir habillée normalement ...
- Pi pour le skate, je vais devoir faire comment?
- Si malgré que ça soit français c'est plus ou moins normale, te devrais avoir un casier...
- Putain je la sens trop mal cette rentré. Je me demande comment les gens vont accepté une miss qui se ramène en skate. Mais bon c'est moi, je ne peux pas changer pour les autres.
Elle me serre dans ses bras par derrière, pose sa tête sur mon épaule et met ses main autour de ma taille et me dit:
- De toute façon ce n'est que pour la journée. Et puis je viendrais te sauver à la fin des cours. Je suis sûre que tu t'en sortira très bien, si jamais tu t'ennuies envois moi des sms je laisserais mon natel allumé. Oublie pas de me dire à quelle heure tu finis.
- Heureusement que t'es là pour me remonter le morale. Je n'aurais jamais si quoi faire sinon.
- Tu sais que je serais toujours là pour toi, hein, tu le sais ça?
- Oui, et je l'ai toujours su.
Elle m'embrasse et nous partons. Nous passons vite fait chez Lucy, elle met son uniforme, qui change très légèrement, son polo à la place d'être rouge il est bleu. Puis nous repartons direction nos lycée respectifs.
- Je ne sais pas comment je vais passer une journée sans te faire chier ni t'embrasser, dit-je en souriant.
- Ce chemin est vraiment pratique, me dit-elle, il n'y a jamais personne qui y passe...
- Et ça viens faire quoi dans ce que je viens de dire?
- C'est juste qu'on est toute seule le matin, qu'il y a personne pour nous embêter, et qu'au pause dès qu'on a plus de dix minutes on peux venir ici, comme ça tu pourras me faire chier autant que tu veux...
- Et t'embrasser aussi.
- Tout juste.
- J'ai une copine intelligente dis donc!
- Eh oui... Moi au moins je sais réfléchir.
- Parce que moi pas?
- Non alors pas du tout.
Je lui donne un coup, pendant que nous sommes en train de rouler, mais elle m'attrape le bras et me tire vers elle. Et voila que de nouveau on s'embrasse. C'est drôle j'aurai cru q'après notre premier baiser nous nous serions éloigné le temps de penser, de voire si on s'aime réellement, mais dans notre cas la question ne se pose même pas, on s'aime et chacune de nous le sais. Nous continuons à nous embrasser, rigoler. Nous ne voyons pas le temps passer. Je regarde ma montre et vois que nous devions commencer à 8 heure et quart et que c'est déjà huit heure vingt! Quelle merde la premier jours je suis déjà en retard. Lucy me dit:
- Aller, on se grouille je te montre où est ton bahut et après j'y vais, n'oublie pas de m'envoyer un sms pour la première pause où l'on peux se voire ok?
Arrivée devant mon école Lucy dépose un bisou sur mes lèvres lequelle à la vue des autre n'est que sur la joue, et elle y va. Je rentre par la porte en face de moi. Merde j'ai oublié le papier qui me disait où je devais aller! Je décide de trouver le secrétariat pour leur demander où je dois aller. J'aurais au moins dû lire cette foutue lettre, mais j'ai la fâcheuse habitude de tout laisser à après. Je dois absolument m'organiser, mais le problème c'est que moi et l'organisation ça fait deux. Enfin arrivé devant le secrétariat j'en oublie que je ne suis pas en Suisse et que je dois parle en anglais.
- Excusez-moi mais je suis en retard et j'ai oublié la feuille qui disait où je dois aller. Vous pourriez me le dire?
Elle me répond en anglais.
- Pardon? Je suis désolé mais je ne parle pas français
- Merde, dis-je tout doucement. Et je répète ma question en anglais.
- Tu dois aller à l'aula.
Merci mais elle est où cette fichue aula? Et comment je vais la trouver.
- Merde, putain quelle idée de déménager. Ça fait trop chier.
- Hmm hmm, pas de gros mots ici mademoiselle!
Et il a fallu que je tombe sur la prof francophone qui connaît même les injures.
- Désolé, mais je suis en retard, et je sais même pas ou est cette fichue aula!
- Ta fichue aula comme tu dis, est au bout du troisième couloir à gauche, mais je viens avec toi ne t'inquiètes pas.
- Merci.
- Alors tu viens de France? Parce que tu parles vraiment bien le français sans aucun accent.
- Non je suis Suisse.
- Ah de Suisse, dit-elle. Bon nous y sommes, assieds-toi ici, à côté de moi.
Quoi? Moi, m'assoire à côté d'un prof? C'est pas parce que j'aime étudier que je suis une lèche cul, jamais de la vie! Je n'ai même pas l'habitude de parler au prof à part si cela concerne le cours... Alors m'asseoir à côté d'une prof, c'est de la torture. Moi qui voulais profiter de la première heure pour envoyer un message à Lucy, et bien c'est loupé. Ici les profs sont beaucoup plus proches. La prof m'a tutoyé cela fait bizarre, parce qu'en Suisse dès que tu passe au gymnase on te vouvoie, c'est-à-dire dès que t'entres en première. C'est vrai c'est bizarre au début mais on s'habitue, et là de nouveau on va me tutoyer. Dans la vie tous est question d'adaptation. Et je dois de nouveau mettre ça en pratique.
Je n'ai même pas écouté ce que disais les profs. Ils ont parlé en français et en anglais, mais je n'ai écouté que d'une oreille. Cela fait que le peu que j'ai écouté je ne l'ai même pas compris lorsqu'il étais en anglais. Je n'avais pas envie de me concentrer.
Je suis toujours avec mon skate, je l'ai posé contre la table, nous sommes en classe. Je me suis assise à l'avant-dernier rang, il n'y en a que quatre. Le meilleur. On peux travailler sans être catalogué d'intello par les élèves, ni de cancre par les profs. Je me suis mise contre la vitre, comme ça lorsque je m'ennuie je peux regarder le paysage. Tous les gens se connaissent en classe. Je sens le regard de tous le monde sur moi. Ils parlent tous en anglais, apparemment leur première langue est quand même l'anglais. Je les entends parler de moi, mais je n'ai pas l'envie d'écouter toutes les conneries qu'on peux dire sur une personne. Je commence à penser à une personne qui a pris une très grande place dans ma vie, Lucy. Tout d'abord je m'étais étonnée de la vitesse à laquelle on s'était liée d'amitié et maintenant je me rends compte que c'est plus de ça. Elle compte énormément pour moi, plus qu'une amie. Je comprends que je l'aime. Je l'avais déjà compris mais sans me l'avouer comme ça. Une femme est en train de parler, je n'ai même pas vu qui. Elle parle pendant un moment, puis s'arrête et plus rien. Plus personne ne parle. Je suis toujours en train de regarder par la fenêtre quand je sens un petit coup sur l'épaule. Apparemment c'est à moi de parler. Qu'est-ce que je suis censée dire?Je vois que la prof qui nous parlais est la même que celle à côté de qui je me suis assise. Elle vois mon regard interrogatif et me dit de me présenter.
- En français ou en anglais, dis-je en anglais.
- Comme tu veux.
- Bon je m'appelle Téa. Je viens de Suisse et ma langue maternelle est le français. Je vous parle en français parce que mon anglais n'est pas très bon et encore moins mon accent. Hmm, j'ai bientôt dix sept ans et hmm, c'est tout je pense.
- Parle-nous un peu de se que t'aimes faire.
- Ok, je skate beaucoup, j'aime lire et écouter de la musique. Voila.
- Merci pour cette très courte présentation.
Mais qu'est-ce qu'elle voulait que dise, tout ma vie? Je ne suis pas du genre à tout dire sur moi, et encore moi a des étrangers. La prof reprends en français:
- Téa a bien fait de parler en français cela me permet de faire le cours de géographie.
Quoi on commence directe à bosser? Je n'ai pas envie, de plus j'ai tellement de peine à écouter, je ne suis pas du tout dedans. Elle commence à demander dans quelle pays le français est-il parlé. La France répondent certains, le Canada. Et plus rien après. Et bien dit donc, c'est donc les deux seule pays où on parle français et moi je parle quelle langue, chinois peut-être? La prof dit:
- Vous n'avez pas écouté ce qu'a dit Téa, elle a dit qu'elle étais suisse. Vous savez où c'est?
- C'est pas un pays du nord de l'Europe ça? dis un élève en anglais.
Et voila la faute habituelle, les anglophones confondent tout le temps la Suède et la Suisse. Mais bon c'est comme ça, un petit pays, avec trois langues nationales si ce n'est quatre je comprends qu'on ne sache pas qu'on y parle le français mais confondre la Suisse et la Suède, je trouve ça gros quand même.
- Non pas, du tout c'est un pays limitrophe de la France, tout comme la Belgique où on parle français là-bas aussi, dis la prof.
Heureusement qu'elle le sais. Mais y a aussi tous les Dom-Tom, qu'elle a oublié.
Puis le cours continue, dans le même sujet, jusqu'à la pause, on a quinze minutes. J'ai oublié de dire à Lucy quand je finissais. Je décide donc de l'appeler. On a rendez-vous dans la même rue qu'avant. Je prends mon skate et file.
© Copyright skateauxusa. Tout droit réservé. La distribution quelque soit sa forme est prohibée si elle n'est consentie par skateauxusa.